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vendredi, 17 février 2006
Que faîtes-vous dans la vie ?
18h30 « Questions pour un champion » sur TV5. Julien Lepers présente le premier candidat et lui demande son nom, sa région et « que faîtes-vous dans la vie ? »
Ça y est, c’est décidé : vous vous mariez. Rendez-vous donc à la mairie de votre ville pour la paperasse préliminaire. Le premier formulaire que vous devez remplir vous demande, outre votre nom patronymique, votre date de naissance et … votre métier. Idem pour l’heureux élu de votre cœur.
Samedi 18h. Chouette invitation chez vos fidèles amis. Ce soir, vous ferez connaissance avec de nouvelles personnes, des amis de vos amis : donc vous devriez vous entendre facilement … (c’est mathématique, non ?!). Après les brèves présentations et les sourires polis, on commence à discuter un peu. Souvent, ça commence par les banalités sur le temps qu’il fait… Puis chrono en main (ou plutôt en tête), vous observez au bout de combien de temps mettront-ils à vous demander « ce que vous faîtes dans la vie ». C’est seulement si vous avez à faire à quelqu’un qui vous ressemble vraiment, que la question ne tombera pas ce soir, car lui aussi il l’attendait de votre part.
« Que vous faîtes dans la vie ?» Cette question m’a toujours laissée perplexe. Non pas en raison du métier qu’on exerce, mais en raison du mobile de la question. Elle est posée afin de chercher à vous définir, à vous cataloguer en fait, à vous mettre une étiquette. Comme si la profession de quelqu’un est un élément de son identité au même titre que son nom et son âge. Ça me gêne autant que la question de savoir où habitez-vous, le quartier que vous avez choisi devrait donc aussi déterminer ce que vous êtes, ou du moins contribuer à vous définir ? Ce qui peut ressembler à une révolte de ma part est certainement dû à mon manque de conformisme. Chaque être humain est assez complexe pour qu’on cherche à résumer ce qu’il est en 3 ou 4 questions. Mais en même temps, son besoin de certitude en tout l’amène à essayer de savoir avec qui il dialogue. Avez-vous noté combien le malaise est palpable si votre interlocuteur ne sait pas « ce que vous faîtes dans la vie » et que la conversation dure ?! Moi, j’aime cette incertitude car elle me permet de tout imaginer, de me tromper peut-être… mais après tout qu’est-ce que ça change dans ma vie à moi ?
Une autre chose aussi me dérange dans cette perpétuelle question. Vous pouvez exercer un métier sans y être dévoué ou sans l’aimer. Un peintre, un musicien, un autre artiste ou un être profondément religieux ou engagé dans une cause peut exercer un métier qui n’a rien à voir avec ses passions. Il le fait parce qu’il y a d’autres réalités bassement matérielles au quotidien et qu’il faut bien manger. Ou bien justement pour entretenir sa passion qui en elle-même n’est pas lucrative, tout simplement. Dès lors, qui vous dit que derrière ce travailleur acharné à une tâche ingrate, il ne se cache pas un poète sensible, un musicien talentueux, un missionnaire religieux ou un bénévole à une œuvre charitable.
Alors la prochaine fois qu’on me présentera quelqu’un, si je veux vraiment le connaître, au lieu de lui demander sa profession, pourquoi je ne lui demanderai pas « quelles sont vos passions dans la vie ?»
17:30 Publié dans Le Bonheur | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
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Commentaires
Dans la vie, perso, je gatecrashe!!!
Ecrit par : Brav | vendredi, 17 février 2006
Tu crois vraiment que la question se rapporte à la profession ??
En fait c'est une question générale, et finalement très vague,,, "que fais tu dans la vie?"
Tu peux très bien répondre par tes passions, non ?
- Que fais tu dans la vie?
- Moi ? j'aime, je dessine, et fais du roller.
- Ha bon, tu travailles pas ?!?
Raté ;-(
Ecrit par : grcell | samedi, 18 février 2006
Vous ne croyez pas si bien dire , à 48 ans je n'ai travaillé qu'une fois, pour faire une semaine de vendanges !
Tout dépend si on parle "de ce qu'on fait dans la vie" ou bien d'une source de rémunération,
ce qui n'est pas la même chose...
Pour l'instant, j'élève mon fils autiste. Ca paye pas, mais c'est possible.
Petit, il a "coûté" neuf ans sans une seule nuit complête. Super turbin. Et ce n'est pas fini. Ah, heureusement que je l'aime...
Ecrit par : pier | dimanche, 19 février 2006
Grcell : exact, j'ai déjà raisonné & répondu comme toi. Alors on a la réaction "oui, mais que faîtes-vous comme travail, je veux dire".
Sinon, certains plus délicats mais plus précis vont demander "Vous travailler dans quel domaine ?". Ça veut dire la même chose, car si vous répondez vaguement "Je travaille dans le secteur agro-alimentaire ou dans la publicité" croyez-moi que la question suivante sera "Et vous faîtes quoi exactement?" ou encore "vous travaillez dans les bureaux ?".
On voit bien qu'ils veulent exactement savoir votre métier, et pas du tout si vous êtes heureux ou pas dans la vie.
Ecrit par : Lilia | lundi, 20 février 2006
Pier : Je pensais précisément aussi aux cas similaires au vôtre. Votre situation requiert un dévouement et un amour qui doivent être estimés par le monde extérieur. Il n'y a qu'à se demander combien cela coûterait de rémunérer une assistance qualifiée dans un centre spécialisé et cela à 3 fois le plein temps, toute une vie : c'est HORS de prix.
Pier, vous avez tous mes respects et mon admiration, et sans aucun doute aussi ceux du créateur.
Ecrit par : Lilia | lundi, 20 février 2006
J'aime bien ton post, je pense bcp de choses similairement. tu classes cela dans le manque de conformisme, c'est pas mal! je suis une anti-conformiste affranchie, et je suis tout simplement dépitée par ce besoin prépondérant d'étiquetter et aussi de se faire étiquetter... à croire que ceux-là n'existent qu'ainsi...
Ecrit par : Tattum | lundi, 20 février 2006
Dans la vie ? Je réponds aux questions des personnes indiscrètes :)
Voilà ce que je répondrai :)
Ecrit par : Vola | mardi, 21 février 2006
Tattum : je suis contente de savoir que tu vois certaines choses comme moi :D
Vola : bonne réponse mais politiquement pas correct pour les amis des amis, non ? À moins d'oser le dire avec un large sourire sous le ton d'une boutade ;)
Ecrit par : Lilia | mercredi, 22 février 2006
Il y a une question aussi qui m'énerve à chaque fois aussi, mais qui ne rate pas qd tu es un gasy rencontrant un gasy plus âgé à l'étranger: "Fa ianareo moa avy aiza ?"(vos origines)
J'ai envie de répondre "Avy any Dago" (de M/Car) hhhh
Ici par contre, les inconnus te demandent directement le prix de ton loyer ! Et je me demande tjrs s'il faut mentir ou dire la vérité... C'est aussi culturel...
Ecrit par : Marc | mercredi, 22 février 2006
on m'a demande tout de go combien je gagnais...
Ecrit par : sipakv | mercredi, 22 février 2006
Sipakv et Marc : demander le loyer c'est pour avoir une idée de combien on gagne en fait: si on peut bien se payer tel loyer, c'est qu'il doit gagner grosso-modo tant...
Par contre, demander directement combien on gagne, c'est proprement choquant, bien digne de ces américains mal élevés, non ?!
Ecrit par : Lilia | vendredi, 24 février 2006
Tout ceci confirme bien le fait que quand quelqu'un demande notre métier, ils veulent juste savoir :
1) combien on gagne, combien on se fait, on pèse combien sur l'échelle sociale...
2) quelle étiquette mettre sur nous (je me disais bien, il a une tête de comptable, ou de fonctionnaire...)
Je trouve tout ça bien triste....
Ecrit par : Lilia | vendredi, 24 février 2006
ben en fait, c'est une Malgache (la belle-soeur d'une copine) qui m'a pose la question. Mais tu as raison, les Americains aussi ne se genent pas pour demander parfois, quoique un peu plus indirectement :-) Dans mon ancienne boite, tout le monde savait qui gagnait combien, c'etait dans un folder accessible a tous. Un souci de transparence? (ironique)
Ecrit par : sipakv | samedi, 25 février 2006
ben peut-être qu'elle voulait avoir une idée du salaire auquel elle pourrait prétendre dans sa lettre demande ? (be positive) Ou qu'elle veut faire venir son frère et qu'elle sonde ses amies pour avoir la fourchette de salaire du domaine concerné... (naif mais pas impossible) hhh
Sinon, dites moi, qu'en est-il de la différence salariale pour une mm charge de travail là-bas, selon le sexe, la couleur, etc. ?
euh... Combien tu gagnes au fait ;-) ? hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Bon, just kidding ! je retire ! je retire ! hhhhhhhhhhhhh
Serieusement, la seule parade, je pense c'est d'être comme Billou ou Soros, comme ça, les gens ne se poseront pas la question pour te jauger ...
Ecrit par : Marc | samedi, 25 février 2006
comme partout ailleurs, malheureusement, la difference salariale existe selon le sexe et la couleur. :-(
sinon, qq que je connais pense te connaitre (tres courant parmi les Malgaches je sais...), est ce que par hasard tu aurais fait un petit passage a Abidjan avant le Maroc?
Ecrit par : sipakv | lundi, 27 février 2006
Venant de la famille (proche de préférence), je tolère mieux car ils connaissent notre parcours et leur suivi est assez normal. Ça relève plus du souci ou par inquiétude que de la curiosité malsaine, à mon avis. (be positive also !!)
À mon travail, je connais le salaire de tout le monde aussi car j'ai eu accès aux dossiers quand j'étais à un précédent poste dans la boîte. C'est vrai que pour ça, c'est plus transparent qu'en France.
Pour les écarts salariaux ici au Canada, je trouve qu'ils ne sont pas dûs au sexe ou à la race, du moins là où je suis. À compétence égale, hommes et femmes auront un salaire différent en raison de l'ancienneté au poste car il y a une évaluation annuelle et le salaire augmente nécessairement chaque année (entre 2 et 6%). Les diplômes ont moins d'importance aussi, si on peut prouver ce qu'on vaut par le travail, on fera son bout de chemin. Par contre la maîtrise de la langue est essentielle, si on n'est pas parfaitement bilingue anglais-français il y a des postes impossibles à avoir même si vous avez de l'expérience en masse ou des diplômes à la tonne dans le domaine.
Ecrit par : Lilia | lundi, 27 février 2006
Je trouve ce vieux post alors je commente...
Moi qui suis en congé parental, et qui en plus n'ai jamais "trouvé ma voie" je trouve que cette question est d'un autre âge.
La question de la profession n'est pas "que faites vous?" (ce qui à proprement parler n'est pas choquant) mais "QUI êtes vous". Or il n'y a pas adéquation entre la personne et son poste, et je pense encore moins aujourd'hui qu'avant (moi je suis allée de boîte en boîte, informatique, audio-visuel, formation ...) à des postes très différents, donc ça me hérisse quand la demande de l'état-civil veut m'appeler "Mme So and so, tel métier".
Au moment de passer en mairie, problème avec la soeurette témoin d'ailleurs. CAE. Eh oui madame. C'est pas un métier. Toutes les petites dames se hélaient d'un cubicle à l'autre. Tu mets quoi ? assistante éducatrice ? elle a quoi comme diplome? Ah ben elle a juste eu le bac il y a un an et elle fait de l'aide aux devoirs dans un collège. Mais c'est pas un *métier*. Et donc elle a eu le CHANCE d'avoir "EN Contrat d'Assistance à l'Emploi" (ou un truc comme ça). Et non "Elle EST quelque chose". Elle ne sera pas cataloguée, elle.
Ecrit par : Yedidia | samedi, 27 mai 2006
Yedidia, tu illustres très bien mon propos. C'est malheureux mais c'est comme ça l'approche dans le monde occidental. C'est une bouffée d'air frais que je ressens quand j'ai à faire à des cultures différentes : asiatiques, certains africains... non encore touchées par le matérialisme.
Merci pour ton commentaire ;-)
Ecrit par : Lilia | dimanche, 28 mai 2006
Avoir un enfant, cela revient à appartenir à quelque chose de plus grand que soi.
-Paul Auster
