« 2006-07-11 | Page d'accueil | 2006-07-18 »

jeudi, 13 juillet 2006

Fabien, ... Reviens ! -3-

Il devait être environ treize heures. La chaleur était suffocante et faisait ployer les saules pleureurs. Fabien était étendu sur le dos, presque au ras du sol dans sa chaise longue, près de la porte d’entrée. Affalé et la tête légèrement renversée en arrière, il paraissait enfui dans un sommeil profond. Pourtant, bien que son esprit fût effectivement à mille lieux d’ici, endormi Fabien ne l’était point. Ses yeux étaient fermés, mais ses pensées gambadaient. La pièce était plongée dans le silence que seul le claquement d’un volet mal accroché venait perturber par moment.

L’épais tissu des rideaux qui cachaient la fenêtre filtrait difficilement les assauts du soleil. Les extrémités des pentures trop longues léchaient le parquet. Entre les deux panneaux, un rayon de soleil pénétrait en un filet. Il venait frapper le mur adjacent à la fenêtre, parcourait encore le papier peint sur un mètre pour atterrir sur le parquet en formant un angle à 135 degrés, et enfin s’évanouir en rencontrant l’ombre du montant inférieur de la porte-fenêtre.

Malgré la chaleur qui pesait, absolument toutes les ouvertures de la pièce était fermées et verrouillées. Fabien n’attendait personne et ne prévoyait pas non plus de sortir. Les rencontres qu’il faisait, se tenaient seules dans sa tête et dans le passé. Ainsi, à cet instant, il se revoyait petit, en culottes courtes, marchant aux côtés de son père, sa petite menotte agréablement serrée dans la main de ce dernier. Fabien se sentait en sécurité. Malgré le brouillard du matin, malgré le silence entre eux deux.

Les seuls véritables moments de bonheur qu’il ressentait correspondaient toujours aux souvenirs en compagnie de sa famille, quand il réussissait à les évoquer. Mais irrémédiablement alors, à chaque fois, suivait la même scène qui l’en arrachait, puis la solitude et le retour à la réalité. Pourtant il y a aussi cette satisfaction d’y avoir échappé… un instant, une fois de plus. De gré ou de force, Fabien était transporté dans les méandres de son passé.

© Lilia 2006, Toute reproduction interdite


Lire plus sur Fabien :
1. Fabien, ... Reviens ! -1-
2. Fabien, ... Reviens ! -2-
4. Fabien, ... Reviens ! -4-
5. Fabien, ... Reviens ! -5-
6. Fabien, ... Reviens ! -6-

Publié dans Le Bonheur | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook |

 

© 2006 Copyright, Design & Textes de Lilia
Pour toute question, me contacter