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jeudi, 31 mai 2007

Fabien, ... Reviens ! -5-

Fabien ne s’ennuyait jamais. Pourtant quand il n’était affairé à quelque tache utile, en lui habitait un perpétuel sentiment de culpabilité. Se reposer, respirer, s’arrêter pour penser lui infligeaient cette affreuse impression du devoir non accompli, inconsciemment. De même que, quelque soit le ton et la manière que certaines personnes précises l’interpelleraient, tout de suite il s’interrogera sur ce qu’il a omis, ce qu’il aurait mal fait. Comment expliquer ce sentiment de culpabilité qui l’habitait ? Comment s’en séparer ?

Il est vrai que par moment il oubliait, de changer le filtre du broc à eau par exemple, ou de vider le sac de l’aspirateur… mais qui prétendrait être parfait ? Inversement, on lui reprochait de ne jamais se reposer, qu’au rythme où il allait c’est sa vie qu’il raccourcirait.

Cet état d’esprit l’amena irrémédiablement, en grandissant, à la recherche de la perfection dans sa façon de penser et de travailler. Bien qu’il ne l’exigeât pas de ses proches, scrupuleusement il se l’appliquait. Inlassablement, il pouvait répéter un exercice ardu, une tâche pénible en apparence mais qui ne l’éreintait point, bien au contraire le ravissait, pour pouvoir obtenir un résultat impeccable et irréprochable. Dans un patient effort pour atteindre l’aboutissement parfait, là ou plusieurs depuis longtemps se seraient déjà satisfaits, Fabien avait la ténacité d’aller plus loin, taper plus haut, faire plus brillant. Il puisait ses ressources dans le désir de plaire, ni pour lui ni à lui-même, mais pour être serein, tout simplement. Obtenir de l’autre l’apparente satisfaction qui engendre enfin la paix : le profond sentiment intérieur du travail bien fait.

Bien qu’à proprement parler, Fabien n’avait pas plus de choses à se reprocher qu’un autre, quelque péché caché ou vice qu’il combattait en secret. Le sentiment de culpabilité le poursuivait silencieusement. Et il n’avait d’égal que son désir intime de s’en acquitter en adoptant ce rythme de travail effréné.

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