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vendredi, 16 mai 2008
La honte conjugale
Contre toute attente, le corps qui était sans vie et sans force se releva d’un bond. Un homme, un policier lui fit face. Grand et charpenté, il le dépassait largement d’une tête. Le mari réalise brusquement que c’est plus difficile quand on a un adversaire à sa mesure.
«Quand vas-tu enfin comprendre ?»
Le gouvernement québécois effectue régulièrement des campagnes sous forme de spots publicitaires contre la violence conjugale. Ils sont toujours saisissants comme celui que je relate ci-dessus. Mais la réalité cachée est autrement plus dure souvent. Les statistiques parlent d’elles-mêmes quant au nombre de victimes (déclarées) chaque année et à la nature des sévices. On privilégie davantage l’expression ‘violence conjugale’ plutôt que ‘femmes battues’ parce que les hommes aussi sont concernés, quoique dans une bien moindre mesure, mais aussi parce que la violence conjugale prend des formes diverses et perverses. Il n’y a pas que les coups qui font mal.
www.aimersansviolence.com
www.sosviolenceconjugale.ca
21:14 Publié dans Le Bonheur, Vivre au Québec | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
>‘violence conjugale’ plutôt que ‘femmes battues’ parce que les hommes aussi sont concernés, quoique dans une bien moindre mesure
En Europe des études ont montré qu'en proportion il y avait autant de femmes que d'hommes battus ... sauf que les hommes sont confronté à des difficultés supplémentaire ... le machisme ambiant fait que les indices claires passent inaperçus ... les dépôts de plainte parfois même ignorés ... puis il y a ce sentiment de honte ... communs aux deux sexes. On commence à peine à prendre conscience de la nécessité de faire fi de la nature du sexe du plaignant dans ces cas de ‘violence conjugale’ car tu as raison "Il n’y a pas que les coups qui font mal."
Ecrit par : tomavana | dimanche, 18 mai 2008
Les coups portés par le harcèlement moral portent durs et ouvrent les pores de peau à accepter les coups puisque l'on vaut si peu. Tendre une oreille attentive vers toute personne qui ne se tient pas en haute estime.
Ecrit par : Venise | dimanche, 18 mai 2008
C'est vrai ce que dit tomavana. Quand on est un homme, on a toujours du mal à dire aux autres ce qu'on subit dans le couple. Et en plus, l'habitude veut que ce soit la femme qui est violentée...
Et pourtant il y a des femmes vraiment violentes que ce soit en actes ou en paroles.
Je trouve qu'en parler comme ça c'est déjà un grand pas réalisé, mais le truc c'est de savoir le vrai fond du problème: pourquoi ces violences? Pourquoi traiter des personnes qu'on dit qu'on aime comme ça? On arrive pas à canaliser nos colères ou par pur sadisme ou on a une maladie psychologique pas encore détectée et qu'il fallait la guérir?
Merci pour ce post lilia, je pense que ce problème touche beaucoup de gens mais qu'on n'en en parle pas assez :)
Ecrit par : maintikely | lundi, 19 mai 2008
C'est difficile d'aimer sans faire mal quand on est tout cassé... et malheureusement je crains bien que "comprendre" n'apporte aucune solution.
"comprendre" est peut-être une étape, mais elle est encore tellement loin de "changer" (voire de "guérir"! il paraît que 80% des parents maltraitants ont été maltraités?)
Passe une bonne journée avec les tiens...
Ecrit par : Yedidia | mardi, 20 mai 2008
@ Tomavana. La violence conjugale est déjà un tabou dans notre société. La violence envers les hommes par leur femme est un autre tabou à l'intérieur de ce tabou. De par leur supériorité physique, les hommes "frappent" plus que le contraire, mais la violence verbale des femmes concernées est souvent pire et marque profondément et durablement, autant sinon plus que des coups. L'homme qui subit la violence physique a doublement honte de cette situation, ce qui l'amène à se taire d'autant plus. C'est une vraie spirale, un puits sans fond.
Il y a aussi un autre grand tabou selon ces sites internet: la violence dans les couples homosexuels, ou la victime hésite encore plus à se déclarer.
@ Venise. Tu touches du doigt le problème : ça va chercher dans l'estime de soi, au-delà des actes, qui ne sont qu'une manifestation extérieure d'un mal être. La guérison passerait par une reconsidération de sa propre valeur.
@ Maintikely. Je pense que la violence ne remet pas forcément en question l'amour de celui-celle qui frappe son conjoint. C'est ce qui rend le problème très complexe, comme tu dis et comme l'explique aussi Yedidia. Ça va chercher vraiment loin des fois et les violents ont souvent été des victimes d'abord dans le passé (ou dans leur enfance).
Tout ceci n'excuse pas leurs actes pour autant, même si ça explique beaucoup.
@ Yedidia. Comme je le réponds à Maintikely, c'est un problème complexe. Mais certains le surmontent malgré tout grâce à l'amour (le vrai, le pur) et l'application simple des principes bibliques pour les croyants. Tu sais, aimer l'autre "plus" que soi-même (jusqu'à être en mesure de mourir pour lui) car dans ce cas-ci aimer "comme" soi-même ne suffit pas, le violent ne s'aimant pas lui-même souvent...
Il y a une pensée qui m'a fait réfléchir sur un des sites: Ne pas conseiller à une victime de quitter son conjoint violent (comme on aurait tendance à le faire) car sa vie pourrait être menacée alors. C'est dire qu'aider ces personnes et leur vie est vraiment une gageure. Le travail psychologique à faire est immense.
Ecrit par : Lilia | mercredi, 21 mai 2008
Bonjour Lilia (cela fait un bail :))
personnellement le spot sur la violence conjugal qui m'a le plus perturbé en fut difusé en europe (mais je ne me souviens plus du pays)
il montre un homme brutalisant sa femme sous le regard de leur petit garçon caché derrière la porte, l'homme assène un dernier coup de pied à la femme la laissant écroulée par terre et quitte la pièce... l'enfant s'approche de sa mère, elle a un regard saisissant pour lui, un mélange de complainte, d'excuses, de tendresse... il la regarde et lui assène à son tour le même coup que son père avant lui
Le message dit quelque chose du genre vous enfants vous regardent et apprennent de vous.
je ne te dit même pas l'état dans lequel j'était quand j'ai vus cette pub
Ecrit par : Kenza | jeudi, 29 mai 2008
@ Kenza. brrrrrr... ce que tu racontes me fait frissonner.
En effet, comme dans la plupart des cas de violeurs, pédophiles etc... ceux qui battent leur conjoint son issus de familles ou ils ont vu faire leurs parents. C'est triste mais c'est un tourbillon.
Merci de ton passage, comme le temps passe vite on ne s'est pas vu tout l'hiver et tout le printemps!
Ecrit par : Lilia | mardi, 03 juin 2008
Avoir un enfant, cela revient à appartenir à quelque chose de plus grand que soi.
-Paul Auster