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jeudi, 31 décembre 2009

Fabien, ... Reviens ! -6-

Son regard le bouleversait.

À chaque fois, Fabien avait besoin de quelques instants pour s’en remettre et recouvrer sa sérénité.

Ce n’était pas tant ses yeux qui étaient, certes d’une incommensurable beauté, ce dont par ailleurs elle semblait avoir pleinement conscience, que la façon qu’elle avait de poser son regard sur lui. Ou pour être plus précis, c’était à cette manière qu’elle avait de ne pas le regarder, de se détourner, de fuir la confrontation alors qu’il y a seulement un instant, quand lui avait la tête baissée, le regard de la jeune femme le brûlait. Le temps d’une fraction de seconde, leurs yeux se sont croisés. C’est certain, elle l’attendait. Fabien en avait la conviction sans qu’il ne puisse réellement l’expliquer. Comment dire… Tout de son regard, dans son attitude, le disait. C’était plus évident qu’un aveu formulé, comme un cri inarticulé.

Leurs vies respectives en resteraient troublées à jamais. Sa seule présence à proximité de lui bien que cela l’enchantait, le perturbait. Mais Fabien ne pouvait s’empêcher de le rechercher. Ces instants choisis faisaient diversion dans son esprit, le changeait des idées noires qui habituellement arpentaient le chemin de pierres de ses pensées.

Le silence n’a jamais été aussi pesant et imposant. Dans le hall où ils étaient, pourtant empli de monde et bruyant, ils avaient le sentiment d’être seuls et de tout le reste faisaient totalement abstraction. Silencieusement elle attendait, patientait. Cela prendrait le temps qu’il faudrait. Cependant, Fabien lui, savait que rien ne se ferait, qu’aucun développement n’aurait lieu s’il ne l’initiait. À son insu et sans qu’il l’eût voulu, il détenait ce pouvoir de changer le cours du temps et des évènements pour ce qui est de leur destin respectif à cet instant. Mais Fabien n’en ferait rien. Il ne pouvait se décider à mettre un terme à ces moments qui, singulièrement, flottaient entre le doute et la certitude, au stade où ils en étaient. Il ne pouvait se résigner à les enfermer entre les murs du passé.

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Commentaires

Alors quand est-ce tu nous pondras un Fabien #7. En panne d'inspiration?

Écrit par : Petrica | dimanche, 07 novembre 2010

Fabien est parti en ballade, je ne sais où.........

Je m'occupe de son cas.......

Écrit par : Lilia | dimanche, 07 novembre 2010

J’aime ton acuité visuelle, intellectuelle, sur le genre humain.
Ta sensibilité est la charpente de ton âme, lilia …

Écrit par : Frank | vendredi, 14 janvier 2011

 

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