mercredi, 05 juillet 2006

Ma Martinique


Fort-de-France


Rocher du Diamant


Les Salines


Martinique Voiliers


Les plages de la Martinique


Les Salines à cheval


Montagne Pelée


Vue de la femme couchée, Les Trois-Ilets

"Conquest Of Paradise" 1492 - Vangelis

17 ans… C’est exactement le temps que j’ai passé à vivre en Martinique, île française située entre la Mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique. 17 ans, c’est plus de la moitié d’une vie quand on a la trentaine. J’y ai vécu une partie de mon enfance, toute mon adolescence et le début de ma vie d’adulte : le collège, le lycée, l’université. Que retiendrais-je de ces années ?

Ceci n’est pas une tentative de rétrospective. Encore moins un bilan comme on en fait au tournant de sa vie. Ma vie continue sans plus de heurts, ni de cahots … Peut-être le besoin de s’arrêter un instant, prendre le temps de regarder par la fenêtre à défaut de pouvoir (vouloir) se retourner sur les traces laissées par mes pas sur le sable du passé.

J'ai énormément visité plusieurs autres îles de l'archipel des Caraïbes. Mais, il est une certitude que je n’aurais pas été la même si j’avais passé tout ce temps ailleurs, dans une autre île ou sur un autre continent. Je reconnaitrai toujours le doux parfum de l’océan, de la mer qui se retire, bordée par les allées d’hibiscus et de bougainvilliers, eux-mêmes flattés par la présence discrète des colibris. L'odeur des fruits et des fleurs, la moiteur de l'air, le bruit exaspérant des insectes la nuit mais qui vous manque tant quand vous quittez ce pays...
Avec les années et le peu de recul que j’ai à présent, je me rends compte que les souvenirs négatifs s’estompent progressivement pour ne laisser place qu’aux meilleurs moments et retenir ce qui a de plus positif chez les gens uniquement. Tant mieux.

Une certitude acquise, c’est que je parle couramment le créole maintenant, en y mettant l’accent et les expressions. Le désir de s’intégrer est parfois plus fort que tout, et je le soupçonne d’avoir emporté alors avec lui une partie de mon identité propre, insuffisamment implantée en moi sans doute, ou n’a pas pris racine assez profondément dans le creux de mon âme… Je ne sais pas. Bien que je ne m’identifie pas à une antillaise à part entière, je sais que j’ai des traits de caractères propres à cette culture : comme la susceptibilité. Qu’ils prétendent faussement comme étant une sensibilité. Je reste difficilement sans réaction devant une critique directe, je le prends pour moi qu’elle me fasse mal ou pas, je ne peux m’en départir. Je recherche la critique mais je crois que je l’accepte mal… Mais j’ai le mérite de ne pas garder rancune, quel que fusse l’affront en question.
Aussi, comment ne pas relever et aimer l’ambivalence affective de l’être antillais : partagé entre l’insouciance caractéristique des gens des îles tropicales, de plus assez prospères, et remué par moments par les questions d’existentialisme franco-françaises, qui portent sur son devenir, son présent et un retour constant sur son passé qui remonte à l’Afrique.

J’ai moi-même ainsi essayé de faire mon chemin à travers tout ceci, portant déjà avec moi le poids de mes propres origines, tout en aspirant et le toit béant, ouvert vers d’autres horizons. Je n'ai pas de regrets, ça ne me manque pas non plus. J'y ai laissé des gens que j'ai aimés, d'autres que j'aimerai toujours. Mais c'est une page que j'ai tournée à jamais. Alors, que retiendrais-je de ces années ? beaucoup et pas grand-chose dans le fond, peut-être la certitude d’avancer…

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