mardi, 10 octobre 2006

Relations professionnelles

medium_BusinessTeam.jpgDans l’entreprise où je travaille, la proportion de femmes est en forte minorité en raison de notre secteur d’activité. Assurément, le fait qu’il y ait moins de femmes doit contribuer à faire moins d’histoires dans un bureau !

Quoiqu’il en soit, je trouve qu’il y a beaucoup moins de cancans entre les femmes dans le milieu de travail québécois que le milieu français ou antillais, mes seules références à ce jour. Maintenant que j’ai une plus grande expérience du Québec et un peu plus de recul par rapport à la France, j’attribue cette différence dans les relations professionnelles à plusieurs facteurs.

D’abord, il y a beaucoup moins de proximité entre les employés au Canada (et en Amérique du Nord je pense). Ici on ne se dit pas systématiquement ‘bonjour’ quand on se croise. Un signe de la tête suffit bien souvent, ou un ‘Hi’ (bonjour tout fort), bien plus fréquemment un simple sourire et jamais de poignées de mains entre employés qui se côtoient tous les jours. Aux Antilles, les collègues deviennent vite des copines et on se fait la bise tous les matins en arrivant. Quand donc un problème survient, ça devient vite délicat : « Comment vais-je la saluer demain matin ? ». Ou alors, les autres remarquent tout de suite le malaise si le rituel des bises du matin ne se fait pas.

Au Canada, on ne raconte pas facilement sa vie privée. Pour exemple, j’ai appris après deux ans que j’ai deux collègues qui sont conjoints et travaillent tous les deux dans le même département que moi. J’avais bien relevé quelques indices mais personne ne les a trahis au bureau, et il n’y avait jamais de bavardages sur leur compte. C’est parce qu’ici, on n’est pas censé mélanger vie privée et vie professionnelle, d’où leur discrétion !

medium_CoffeeOffice.jpgDe même, je sais que certains collègues passent du temps ensemble à l’extérieur du bureau. Au Québec, ça s’appelle habituellement se retrouver pour un 5 à 7 dans un café, salon de thé ou restaurant (sous-entendu de 17h à 19h après le boulot). On peut donc choisir de sortir avec ses collègues si on veut, mais c’est tout naturellement compris aussi si vous ne le souhaitez pas. Personne ne se force ici. De même on peut prendre son lunch dehors, dedans ou dans son bureau, avec d’autres ou seul. Et tout le monde circule avec sa tasse de café à la main ou posée à côté de son ordinateur. En France où j'étais, c’était strictement interdit pour nous de manger à son bureau.

Puis il y a enfin le tutoiement. Absolument tout le monde se tutoie. Sous cet aspect, il n’y a pas de distinction entre patrons et employés. Ceci doit venir de l’usage de l’anglais qui ne fait pas de différence entre Vous et Tu. Ainsi, on travaillera davantage sur le ton de la voix et les tournures des phrases pour marquer le respect ou pour soumettre un ordre. J’ai remarqué que cette approche permet de se focaliser davantage sur les tâches à fournir et les projets que sur le fait de déterminer qui donne les ordres et les directives et qui les exécute. L’employé peut formuler plus facilement ses suggestions à son superviseur s’il peut le faire en le tutoyant qu’en le vouvoyant. Il est souvent ouvertement invité à le faire selon la politique de chaque compagnie.

Évidemment, quand on y regarde d’un peu plus près, sous des dehors d’excellentes relations de travail et de facilité d’interaction, tout a été mis en œuvre pour favoriser l’efficacité au travail et optimiser le rendement de chacun. Pour preuve, les fauteurs de troubles, les éternels retardataires ou les inefficaces notoires ne restent pas en poste longtemps et sont vite remplacés. Ceux qui ne font pas partie de cette liste jouissent de conditions de travail optimales et ont une garantie de leur emploi. À moins bien sûr, qu’ils ne trouvent d’autres conditions meilleures ailleurs et choisissent de partir sans préavis (ou seulement une semaine de préavis au pire des cas)

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