vendredi, 16 mai 2008

La honte conjugale

«Vas-tu enfin comprendre ?» La violence du coup était telle qu’elle tituba, puis tomba à la renverse, la tête venant cogner contre le mur attenant. Puisant dans ses dernières ressources, elle trouva pourtant la force de se relever doucement en s’appuyant le long du mur derrière elle. Le peu d’amour propre qui lui restait au fond d’elle lui intima de relever la tête, de le regarder dans les yeux, de soutenir le regard de cet homme qu’elle a aimé et pour qui elle a tout quitté. Mais lui n’a rien vu de tout ça, percevant uniquement une insolence de plus dans cette dernière attitude. «Mais quand vas-tu donc comprendre ?» Vlan, cette fois-ci, il ne lui laissa plus aucune chance de se relever. Pendant trois secondes, il regarda sans bouger le corps gisant à ses pieds.

Contre toute attente, le corps qui était sans vie et sans force se releva d’un bond. Un homme, un policier lui fit face. Grand et charpenté, il le dépassait largement d’une tête. Le mari réalise brusquement que c’est plus difficile quand on a un adversaire à sa mesure.
«Quand vas-tu enfin comprendre ?»

Le gouvernement québécois effectue régulièrement des campagnes sous forme de spots publicitaires contre la violence conjugale. Ils sont toujours saisissants comme celui que je relate ci-dessus. Mais la réalité cachée est autrement plus dure souvent. Les statistiques parlent d’elles-mêmes quant au nombre de victimes (déclarées) chaque année et à la nature des sévices. On privilégie davantage l’expression ‘violence conjugale’ plutôt que ‘femmes battues’ parce que les hommes aussi sont concernés, quoique dans une bien moindre mesure, mais aussi parce que la violence conjugale prend des formes diverses et perverses. Il n’y a pas que les coups qui font mal.

www.aimersansviolence.com

www.sosviolenceconjugale.ca



mardi, 22 janvier 2008

Non-Stress Test

Cela faisait effectivement deux ou trois jours que je ne sentais plus le bébé bouger dans mon ventre. Mais je ne l'ai véritablement réalisé qu'au moment de répondre aux rituelles questions de mon médecin lors de la visite désormais hebdomadaire. En effet son insistance me fit tilt, elle répéta la même question face à mon laconique "pas trop" en réponse à son traditionnel "Sentez-vous le fœtus bouger ?".

Au stade où je suis rendue dans ma grossesse, je devrais nettement sentir les mouvements du fœtus au moins 10 fois par jour, me dit-elle. Ben là... j'allais pas commencer à comptabiliser les petits coups du bébé et tenir un livre de comptes à ce sujet (me dis-je tout bas). Mais mon docteur semblait prendre ceci comme un problème autrement plus sérieux. Elle sort alors un petit bloc de formulaires roses, griffonne mon nom, signe en bas du petit papier cartonné et me le tend : Appelez là dès que possible, vous allez passer un N.S.T test (Non Stress Test) et ils me communiqueront les résultats.

Le Pavillon Hayes est attenant à la St-Mary's Hospital où je devrais normalement accoucher. Le bâtiment paraît cependant plus ancien et plus majestueux avec ses immenses colonnes à l'entrée, le plafond démesurément haut du hall, du marbre à maints endroits dans les couloirs et de fines boiseries dans les escaliers et autour des fenêtres. La Clinique des Femmes se situe au sous-sol, c'est ici que l'on fait passer le Non-Stress Test, auquel j'ai été invitée à me rendre IMMÉDIATEMENT. Je n'en croyais pas mes oreilles quand le lendemain de ma visite de chez le médecin j'ai appelé au numéro recommandé, l'infirmière me dit de venir tout de suite ! J'ai rarement obtenu un rendez-vous immédiat pour une consultation médicale, même en allant aux Urgences.

Le Non-Stress Test est en fait une résonnance magnétique associée à un électrocardiogramme du cœur fœtal. C'est le même dispositif qui est utilisé en salle d'accouchement tout au long du travail pour déterminer si le fœtus ne serait pas en détresse, ce qui nécessiterait une intervention médicale immédiate en salle d'opération pour le délivrer.

La dite infirmière m'installa donc confortablement dans un fauteuil style chaise longue avec un gros repose pied, tira tous les rideaux et fit passer deux genres d'élastiques larges autour de mon ventre. Puis elle place un petit boitier noir associé à une petite ventouse directement posée sur ma peau. Sur l'autre élastique, un fil est relié à un crayon magnétique qu'elle me met entre les doigts "Tu appuies dessus chaque fois que tu sens le bébé bouger". Le tout est relié à une machine semblable à une de ces vieilles imprimantes à aiguilles dans le temps. Quand tout est en place, elle démarre l'engin et, comme un écho venant du lointain, les battements du cœur de mon enfant encore en gestation emplirent la pièce. Ils étaient entrecoupés de bruits comme un froissement de papier, ce qui correspondait aux mouvements du bébé que je percevais à peine par moment. Et en fait, là résidait toute la question. Ou plutôt la réponse à la question : bébé bougeait tout à fait normalement mais je ne le sentais pas,... je ne le sentais plus.

Je suis restée comme ça à demi allongée, dans cette chambre confortable pendant 45 minutes. Mais je n'ai pas vu le temps passer. À écouter ce petit cœur tranquille et régulier avec ses petits mouvements discrets mais pourtant bien présents. Seulement quelques coups de pattes francs de temps en temps. Mon médecin avait donc raison. Sans doute, me disait-elle, je suis bien trop mobile et trop occupée dans mon quotidien... ce qui, dans mon océan d'activités, noient mes perceptions. Finalement, c'est comme un bon vin que l'on ne peut pleinement apprécier s'il est marié à un plat trop épicé. Ou une délicieuse mélodie de musique classique qui perd toute sa saveur au milieu de la cacophonie d'un univers trop bruyant.

lundi, 22 octobre 2007

Prénoms excentriques

Ceux qui ont eu des enfants un jour sont passés par là : quels prénoms choisir ?

À ce sujet, il n’y a rien qui m’énerve plus que les parents qui, voulant être original, inventent de nouveaux prénoms. Je l’ai remarqué particulièrement ici au Québec dans quelques communautés d’immigrants, notamment chez certains haïtiens. Quelquefois ça donne des noms particulièrement ridicules à mon avis et ce n’est pas un service qui est rendu aux enfants qui auront à assumer plus tard leur identité et ‘originalité’.

Dans le même ordre d’idée, en voguant sur internet, j’apprends que d’autres parents plutôt que d’inventer un prénom, utilisent des grandes marques carrément. Ainsi aux États-Unis, il y a des petites filles qui s’appellent Ikea ou Nivéa et des garçons Canon ou Jaguar.
En France, un couple de marins Bretons aurait appelé leurs bébés jumeaux Babord et Tribord. Et un autre couple qui a eu deux jumelles a eu la fabuleuse idée de les appeler Soupline et Cajoline

Et enfin, du côté des parents férus d’informatique, un papa vient d’appeler son nouveau-né Google, tout simplement !
Et vous, comment s’appelle votre petit dernier ?

:)

jeudi, 04 octobre 2007

Note d'humeur #7

Dans le silence de la nuit, je perçois les pulsations au rythme rapide et régulier.
Un instant j’eus une hésitation, le bruit est sourd et léger mais si distinct.
Je me concentre un peu plus alors et je porte l'autre main à mon cou pour rechercher le battement de mon propre cœur. Et là, tout devient clair : je perçois les deux battements distinctement. Celui de mon cœur est plus clair mais l’autre est presque deux fois plus rapide.

J’esquisse un sourire, puis je surprends un léger mouvement en retour.

J’attends un enfant. Nous avons déjà fait le choix de son prénom.
C’est une fille.

lundi, 01 octobre 2007

Automne

Automne

A pas lents et suivis du chien de la maison
Nous refaisons la route à présent trop connue.
Un pâle automne saigne au fond de l'avenue,
Et des femmes en deuil passent à l'horizon.

Comme dans un préau d'hospice ou de prison,
L'air est calme et d'une tristesse contenue ;
Et chaque feuille d'or tombe, l'heure venue,
Ainsi qu'un souvenir, lente, sur le gazon.

Le Silence entre nous marche... Cœurs de mensonges,
Chacun, las du voyage, et mûr pour d'autres songes,
Rêve égoïstement de retourner au port.

Mais les bois ont, ce soir, tant de mélancolie
Que notre cœur s'émeut à son tour et s'oublie
A parler du passé, sous le ciel qui s'endort,

Doucement, à mi-voix, comme d'un enfant mort...


Albert SAMAIN (1858-1900)
(Recueil : Au jardin de l'infante)


jeudi, 21 juin 2007

Qu'est-ce qui m'a pris de l'inviter ?

Il y a décidément ceux qui sont faciles à vivre, simples et souples. Pour lesquels tout va toujours pour le mieux.
Par exemple, vous organisez un barbecue, ça donne ça :
Vous : on organise un bbq samedi après-midi à la maison, tu es invité.
Réponse : oh, chouette. Sans problème je viens, c’est à quelle heure ? Quelle bonne idée. Tu veux que j’apporte quelque chose ?


Puis il y a ceux qui voient tout en compliqué. C’est plus fort qu’eux. Rien n’est simple, il y a toujours un problème potentiel non prévu à envisager… Ça donne :
Vous : on organise un bbq samedi après-midi à la maison, tu es invité.
Réponse : ah oui ? qui d’autres sera là ?
Vous : ben, la liste n’est pas arrêtée mais déjà il y a untel, untel, untel,… et toi si tu veux
Réponse : ok, je vais voir. Je te dirais la réponse…


Pffff… il faut de tout pour faire un monde mais des fois, franchement…
Et ne me demandez pas c’est quoi un bbq.

Et vous, vous êtes plus du style 1 ou 2 ?

:P

jeudi, 31 mai 2007

Fabien, ... Reviens ! -5-

< 4

Fabien ne s’ennuyait jamais. Pourtant quand il n’était affairé à quelque tache utile, en lui habitait un perpétuel sentiment de culpabilité. Se reposer, respirer, s’arrêter pour penser lui infligeaient cette affreuse impression du devoir non accompli, inconsciemment. De même que, quelque soit le ton et la manière que certaines personnes précises l’interpelleraient, tout de suite il s’interrogera sur ce qu’il a omis, ce qu’il aurait mal fait. Comment expliquer ce sentiment de culpabilité qui l’habitait ? Comment s’en séparer ?

Il est vrai que par moment il oubliait, de changer le filtre du broc à eau par exemple, ou de vider le sac de l’aspirateur… mais qui prétendrait être parfait ? Inversement, on lui reprochait de ne jamais se reposer, qu’au rythme où il allait c’est sa vie qu’il raccourcirait.

Cet état d’esprit l’amena irrémédiablement, en grandissant, à la recherche de la perfection dans sa façon de penser et de travailler. Bien qu’il ne l’exigeât pas de ses proches, scrupuleusement il se l’appliquait. Inlassablement, il pouvait répéter un exercice ardu, une tâche pénible en apparence mais qui ne l’éreintait point, bien au contraire le ravissait, pour pouvoir obtenir un résultat impeccable et irréprochable. Dans un patient effort pour atteindre l’aboutissement parfait, là ou plusieurs depuis longtemps se seraient déjà satisfaits, Fabien avait la ténacité d’aller plus loin, taper plus haut, faire plus brillant. Il puisait ses ressources dans le désir de plaire, ni pour lui ni à lui-même, mais pour être serein, tout simplement. Obtenir de l’autre l’apparente satisfaction qui engendre enfin la paix : le profond sentiment intérieur du travail bien fait.

Bien qu’à proprement parler, Fabien n’avait pas plus de choses à se reprocher qu’un autre, quelque péché caché ou vice qu’il combattait en secret. Le sentiment de culpabilité le poursuivait silencieusement. Et il n’avait d’égal que son désir intime de s’en acquitter en adoptant ce rythme de travail effréné.

© Lilia 2006, Toute reproduction interdite

< 4

vendredi, 25 mai 2007

Note d'humeur #5

~|~Y~~J’écris ceci pour pouvoir me relire dans 6 mois.

Nous avons mis en marche la climatisation de notre appartement pour la première fois hier. On ne pouvait plus tenir : 28ºC dans le logement et plus de 30º dehors.
Le léger ronronnement de la ventilation a quelque chose d’apaisant dans la nuit. On avait presque oublié ce bruit !

Dehors tout est vert tendre et parfums.
Ces jeunes feuilles de toutes les tailles d’un vert pomme tel qu’on ne verra plus pour longtemps ni pour tout le reste de l’année, cèderont vite la place à toutes les déclinaisons de verts plus soutenus. Puis tous ces parfums de lilas et de jasmin qui envahissent les allées de mon quartier. La nature s’éveille en cœur et emplit l’air d’une foule de bruissement et de senteur.

Vive le printemps !

mercredi, 25 avril 2007

La paix qui surpasse toute pensée

« Ne vous inquiétez de rien, mais en tout,
par la prière et la supplication avec action de grâces,
faites connaître vos requêtes à Dieu ;
et la paix de Dieu, qui surpasse toute pensée, gardera vos cœurs
et vos facultés mentales par le moyen de Christ Jésus. »
Philippiens 4:6,7

lundi, 09 avril 2007

Perspectives

À bout de force, on décide de se prendre un jour de congé.
Mais le programme de la journée de repos est tellement chargé qu’une semaine ne suffirait pas pour aller au bout de la liste !
Aller à la banque, aller chez le nettoyeur (au pressing en français!), remplir le frigidaire, changer l’eau de l’aquarium, faire encadrer des tableaux, changer de rideaux, mettre de l’engrais dans les plantes…

Quand on opte alors pour une semaine de congé plutôt (une semaine de vacances on dit au Québec, congés c’est pour désigner les jours fériés). Notre programme devient brusquement d’autant plus chargé qu’un mois ne suffirait pas :)

Bref, tout ça pour dire que j’ai pris 10 jours de congés, est-ce que ça paraît ?

Pas besoin de vous préciser que je n’ai pas accompli la moitié de ma liste.

Est-ce que quelqu’un connaît un truc pour rendre le temps extensible ?

:)

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