mercredi, 14 novembre 2007

Le jour où je suis devenue canadienne


C’était hier.
Je me suis réveillée le matin comme Résidente permanente. Je me suis couchée le soir comme Citoyenne canadienne.
Entre temps, à m’observer partir au travail comme d’habitude, rien n’augurait le changement. Sauf que j’ai quitté mon bureau à 11h30 et passé l’après-midi au centre-ville de Montréal dans un beau bâtiment sur la rue Saint-Jacques Ouest.

C’est l’aboutissement d’un processus qui ne m’a pas paru long étant donné je n’étais pas dans l’attente. Dans les faits, on peut faire une demande de citoyenneté canadienne après avoir été résident permanent ici depuis trois ans. On remplit alors un formulaire téléchargé sur internet, on paye les frais en ligne aussi et on poste le tout avec les justificatifs d’usage. En retour, vous recevez une confirmation de réception du dossier et une brochure à lire sur le Canada. Environ un an plus tard, vous êtes convoqué à un examen suivi immédiatement par une cérémonie et vous ressortez avec votre certificat de citoyenneté le même jour.

L’examen
Il est écrit, commence à l’heure pile indiquée sur la convocation. 20 questions à choix multiples portant sur la géographie, l’histoire, l’économie, le système judiciaire, les élections et le fonctionnement du gouvernement canadiens. Celui qui a lu correctement la brochure offerte un an plus tôt s’en sort facilement, en sachant surtout que la note de passage est seulement de 12/20.

L’entrevue
Dans une grande pièce adjacente à la salle d’examen, les candidats sont ensuite auditionnés individuellement par un agent de la citoyenneté. Il vous félicite pour votre réussite à l’examen. Puis questions brèves sur votre vie actuelle (adresse, emplois…) et vos voyages à l’extérieur du pays depuis que vous êtes résident canadien. L’agent feuillette vos passeports pendant ce temps. L’entrevue a duré 10 minutes pour moi.

La cérémonie
Elle se passe dans la même grande pièce et avec tous les candidats en même temps cette fois-ci. Une lettre et le certificat de citoyenneté (une petite carte nominative) sont distribués à chacun. Une juge donne un chaleureux discours de bienvenue aux nouveaux citoyens qui ensuite prêtent serment de loyauté à la Reine Elizabeth II. Et voilà, nous sommes invités à congratuler chacun notre voisin pour notre nouveau statut.


Dans notre groupe de 74 candidats, 34 pays d’origine étaient représentés.
L'évènement semble être marquant pour certains, tirés à quatre épingles, armés de leur appareil photo ou même d'une caméra et accompagnés d'amis pour la cérémonie.
Mon mari goutte au nouveau sentiment d’avoir la double nationalité sans que cela ne change rien en soi pour lui, je le vois bien !
Quant à moi, je suis désormais française, malgache et canadienne :)

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mardi, 21 novembre 2006

Malag@sy miray et Quebecois.eu

En l’espace de quelques semaines, je me retrouve inscrite dans deux communautés du web totalement différentes (ou plutôt mon blog se trouve inscrit). L’avenir me dira si c’est une bonne chose :D

D’abord chez Quebecois.eu qui regroupe les billets publiés de tous les amoureux du Québec inscrits. Ils s’affichent chronologiquement sur le site grâce aux flux RSS des blogs d’origine. Les membres ? des étrangers au Québec ou des québécois en Europe d'abord, puis par extension les québécois à l’étranger (cf liste complète à droite sur le site). Les hasards du web ont fait que je me suis faite repérer une fois de plus et se trouve remplir les critères d’admissibilité. Et au gentil mot d'invitation que j’ai donc reçu : j’ai accepté ! ;)

Ensuite chez Malag@sy miray. La plateforme communautaire pour les malgaches de sang et/ou de cœur ;) Donc originaires ou non de la grande île Madagascar (pour tout expliquer). Mais ici, rien n’est automatique :P Il faut manifester sa volonté d’être auteur, coordonnateur ou administrateur et remplir un formulaire d’inscription ici. Ensuite il faut écrire les billets spécifiquement pour le blog communautaire. Mais le résultat est quand même moins chargé et les posts défilent moins vite. Et puis surtout, on peut les commenter sur le site directement. Chez quebecois.eu il faut se rendre sur le blog d’origine de l’auteur pour commenter.

Voilà donc au moins une réalité de mon identité, à ce qu’il paraît : je suis identifiée comme québécoise malgache (arghh, oups, marina ve ? ah ouais ? ok d’abord…) LOL

Sinon, je trouve toujours hyper intéressantes ces plateformes qui regroupent par thème ou intérêts communs. Ça permet d'avoir un panel représentatif de la communauté et présente l'avantage de rencontrer d'un coup plusieurs personnes sur des sujets qui nous intéressent.

Imaginons deux secondes l'existence de telles plateformes dédiées 100% à la poésie, ou 100% à la déco, ou à la guitare classique ou à la photo... Ça doit bien exister mais de 1) il faut les trouver, et de 2) avoir le temps pour les lire ensuite (puisque toutes les matières à l'écran vont nous intéresser)... Hihi, ben oui, tout nous ramène au temps finalement : on gagne du temps car on n'a plus à chercher partout, mais il nous en faudrait du temps pour tout lire. Donc accroissement de la frustration ... Bon j'arrête, je tourne en rond.

LOL

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jeudi, 16 novembre 2006

Malgachoscopie

Station McGill, le métro s’immobilise et les portes s’ouvrent. Les quelques personnes qui attendaient sur le quai rentrent tranquillement dans les rames. Une seule personne s’engouffre au dernier moment dans la mienne, avant que, une fraction de seconde plus tard, les portes ne se referment.

Je suis debout, accoudée à la barre, mon sac en bandoulière, les cheveux aux vents. Je la regarde en coin, l’air de rien… De son côté, elle se remet doucement de sa course inopinée, retrouve sa respiration, puis commence à regarder autour d’elle.

Inévitablement donc, nos regards se croisent, pour se fuir… puis revenir !! oui on a exactement la même interrogation dans le regard car oui, c’est ça… on se ressemble ! Quelque chose dans le fond des yeux, dans la posture, le même sourire, dans ce profil.
Mais on hésite tout de même, pas encore une certitude, on a la même question : peut-être tahitienne ? polynésienne ? ou des Philippines ? et c’est donc à celle qui osera poser la première, toujours la même question : ‘Manahoana, gasy ve ?’ (Salut! T’es malgache ?)
Réponse affirmative. Donc la suite, toujours le même scénario : il s’ensuit une discussion assez chaleureuse mais prudente, pas de questions trop personnelles, mais les incontournables ‘ça fait longtemps que tu vis à Montréal ?’, ‘Tu habites dans quel coin ?’, ‘Tu as ta carte de résidence permanente ou tu as déjà ta citoyenneté canadienne ?’, ‘et le froid, ça va ? et ton premier hiver ?’… Puis ça s’arrête plus ou moins là.

Station Guy-Concordia. Le métro s'immobilise. ‘Bon ben je descends là’. ‘À bientôt, veloma !’ Et on se sépare ici, on n’en saura pas plus, on ne dira pas plus. Et peut-être qu’on ne se reverra plus jamais…

C’est ainsi grosso-modo, que se sont passées la plupart de mes rencontres avec les membres de ma communauté d’origine à Montréal. Le peuple malgache à l’étranger a la particularité d’être indépendante et autonome. On dit que c’est un excès d’intégration. Les malgaches seraient vite assimilés culturellement aux français de France. D’autres avancent que c’est à cause des abus des premiers qui n’ont pas été reconnaissants pour l’aide que les établis leur ont apportée, que l’accueil aux nouveaux est quelque peu froid.

Moi je ne sais pas. Une chose est certaine, je n’ai jamais eu besoin d’aide, ni même penser à y recourir, de la part des malgaches d’ici. Mes amis sont de tous horizons et je ne focalise pas sur leur continent d’origine. S’ils sont malgaches tant mieux et cela me permet de pratiquer ma langue maternelle mais je ne les recherche pas nécessairement.
Peut-être que je ne les attire pas non plus…

Mon attitude que je résume brièvement ci-dessus est le résultat de mon vécu, de mon éducation et de ma culture bigarrée. Mes parents qui ont quitté Madagascar avec leurs trois enfants au milieu des années 80, nous ont inculqué des valeurs comme l’amour du travail bien fait, être toujours avide d’apprendre des autres et les valeurs chrétiennes. Bien que nous ayons toujours entretenu entre nous les souvenirs d’avant notre grand départ, il n’a jamais été question de nationalisme ni d’identité malgache à défendre. C’est donc tout naturellement que les choses ont évolué dans le cœur des jeunes enfants que nous étions. Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis moins malgache que d’autres (quoique je l’aie déjà entendu dire) même s’il est une certitude que je ne suis pas QUE malgache.

D’ailleurs, c’est toujours avec un sourire amusé que je lis les commentaires des nouveaux sur ce blog. La moitié pensent que je suis québécoise, la moitié de l’autre moitié lisent en moi comme en une française, et je ne suis pas certaine que le reste sache que je suis malgache ? Sans tricher (maintenant que vous savez) quel a été votre premier avis ? :D

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jeudi, 12 octobre 2006

Si on vous offrait 1000 $ pour votre plaisir

Qu'en ferez-vous ?
(ou disons 1000 € pour les européens)



Cette question a été posée par le magazine québécois Châtelaine à ses lectrices.
Voici quelques unes des réponses :
LE PLAISIR DE CHOISIR
Geneviève D., Laval
Lorsque j’étais petite et que j’avais 1 $ à dépenser, mon plus grand plaisir était de choisir des bonbons. Je restais de longues minutes à regarder chacun des pots de verre. Choisir était aussi bon que goûter. Si 1000 $ me tombaient du ciel aujourd’hui, je voudrais ressentir le même bonheur. Prendre le temps de choisir de petites choses pour me gâter : une chandelle parfumée, un ustensile de cuisine, un bijou, une bouteille de vin, une crème pour le corps, etc. Rien d’extravagant, mais une multitude de petits riens qui me combleraient plus d’une fois.
DOUX INSTANTS
Marie-Claude Hudon, Beauport
Que des folies ! Je dépenserais ces 1 000 $ en une seule journée avec mon amoureux. Déjeuner au resto, shopping dans nos boutiques préférées, souper en tête à tête dans un resto chic, coucher dans un hôtel avec foyer, le tout accompagné de quelques bonnes bouteilles, bien sûr. Pendant des mois, on resterait à se remémorer ces doux instants.
PEINTURE
Suzanne Richard, Montréal
Je m’inscrirais à un cours de peinture de cinq jours axé sur la créativité. Je sais que je dois peindre, qu’il faut que j’aille dans cette voie, mais la vie nous ralentit parfois. Je pourrais aussi me louer une jolie chambre dan un Bed&Breakfast. Une semaine pourrait m’aider à trouver mon chemin…
LE PLEIN D’AMOUR
Caroline Salvail, Laval
Une semaine en famille au bord de l’eau ! Mon conjoint ayant un travail saisonnier, l’été est chez nous synonyme de travail intense. Les enfants s’ennuient beaucoup de leur papa. Nous n’avons jamais de vraies vacances en famille. Ce seraient certainement les 1000 $ les mieux investis : prendre le temps d’être collés tous les quatre.
DES OUTILS
Johanne Cloutier, Shawinigan
J’adore travailler le bois, mais je manque d’outils. Je m’équiperais d’une raboteuse portative et de dégauchisseuse pour pouvoir mener à bien les petits plans de menuiserie qui m’allument.
MÈRE-FILLE
Nathalie Dubuc, Laval
J’amènerais ma mère (71 ans) pour une fin de semaine de relaxation mère-fille. Je la ferais parler de sa jeunesse, de ma naissance et de sa vie, pour prendre conscience de tous les efforts qu’elle a faits pour réussir sa vie en dépit des coups durs.
AU CIRQUE
Lily Melançon, Montréal
Je travaille auprès d’enfants issus d’un milieu défavorisé. Avec 1000 $, je les emmènerais au cirque. Mon plaisir serait de voir leurs yeux briller et de rire avec eux.
POINT DE CROIX
Fab, Chambly
J’irais dévaliser une boutique de matériel de broderie car je fais du point de croix. J’achèterais des fils, des breloques et diverses toiles, sans oublier les grilles de mes créateurs préférés.
SEULE AU MONDE
Isabelle Armstrong, L’Assomption
J’irais m’isoler près d’un lac dans un chalet sans électricité, mais avec un foyer (une cheminée). J’apporterais une pile de livres. Je me loverais dans une doudou -couette à plumes d'oie. Je penserais juste à moi.
BOUE !
Vivian Levac, Salaberry
J’ai beaucoup trop d’idées… Voilà: une journée de thalassothérapie. Au lieu de dorloter les autres, c’est moi qui en profiterais. Je m’imagine déjà couverte de boue, puis enroulée comme une momie. Je me vois ensuite recevoir un soin du visage, un massage suédois… Qui sait ? Le rêve deviendra peut-être un jour réalité.
À MA FAMILLE D’ACCUEIL
Virginie Fortin, Rivière-du-Loup
Si j’avais 1000 $, je les offrirais aux membres de ma famille d’accueil. Pour tout l’amour qu’ils ont su me donner et le temps qu’ils ont pris pour faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Cela ne remplacerait pas l’aide qu’ils m’ont apportée, mais je serais heureuse de les leur offrir. Juste pour dire merci.
ENJOLIVER LA VIE
Michèle B., Gatineau
J’aime l’idée que l’argent serve à enjoliver la vie. Pour moi, l’une des meilleures sources de beauté, c’est la nature. Je m’offrirais pour 1000 $ de bulbes de fleurs ou de vivaces. Ainsi, je jouirais de ce prix pendant plusieurs années en plus de réjouir les yeux de mes amis.

En ce qui me concerne, je serais partagée entre des désirs bassement matériels et écouter l’appel de ma conscience. Si j’obéissais aux premiers, j'hésiterais encore entre acheter le dernier MacBook ou un appareil photo Canon Digital Rebel. Et si j’écoutais plutôt ma conscience, soit j’enverrais ces 1000$ à ma famille éloignée à Madagascar, ou alors je les offrirais à ma douce et tendre sœur que j’admire profondément pour ses choix de vie.

Bon, en attendant de me décider, mon esprit pragmatique me dicterait de les placer dans un compte d’épargne disponible rémunéré à 3,5% par an !

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jeudi, 31 août 2006

Blog Day 2006

Blog day 2006Today is Blog Day !!

Comme chaque année, le 31 août, ceux qui participent au Blog Day doivent référer 5 blogs qu’ils trouvent dignes d’intérêt.
La recommandation officielle veut que les blogs référés soient de préférence des blogs différents de leur culture, point de vue et attitude.

Voici donc ma liste de recommandation. Difficile de s’arrêter à 5 personnes, mais j’ai retenu particulièrement celles-ci car je suis très sensible à la belle écriture. Vous relèverez ainsi qu’en plus de notre chère francophonie, une écriture soignée et choisie est le dénominateur commun de ces blogs. Bonne découverte et bonne lecture !!


Caroline à Londres.
Ou la vision d’une jeune française québecoise au travers de son quotidien londonien.
Joyeuse et généreuse en détails. Elle réussit à transmettre sans difficulté cette ambiance so british. Un vrai régal. http://carolinealondres.blogspot.com/


Corinne : Tout pour elles.
Corinne est journaliste et son blog est dédié à la réussite professionnelle de la femme.
Mais personne ne se prend trop au sérieux ici. Vous y trouverez de bons plans, des expériences personnelles et des conseils intéressants. Bref, Corinne met son expertise professionnelle aux services des autres. http://toutpourelles.over-blog.com/


Casimiri : Une malgache à Paris.
Un blog léger et rafraîchissant, une carte d’identité impeccable pour évoquer cette grande île méconnue, comme elle le résume si bien : "Tendances Design Découvertes et Autres chuchotements sur Madagascar". http://madagascar-id.typepad.com/


Houdac : Me brûler les ailes mais voler.
De Casablanca, Maroc. Une magnifique fenêtre ouverte sur une culture riche et variée. On passe de ses critiques réfléchies sur ses lectures aux aventures de Flip le chat (ne passez pas à côté, il vaut le détour) dans une écriture fluide, en passant par le récit coloré des évènements de sa ville. http://houdac.blogspot.com/


Moine boudeur : de Scotstown, un bois perdu dans le fin fond de la campagne canadienne. Un vrai journal de bord dans la vie de ce solitaire. Ses billets ont parfois l’allure d’un véritable monologue, mais les mots sont judicieusement choisis et on en ressort toujours avec le sentiment d’apprendre quelque chose.
Ici la qualité de l’écriture n’a jamais été sacrifiée pour favoriser le nombre de commentaires, car Moine semble avoir dépassé ce stade depuis longtemps. http://monastique.hautetfort.com/

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Liens requis pour la participation au Blog Day 2006 :
http://www.blogday.org
http://technorati.com/tag/BlogDay2006

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mercredi, 05 juillet 2006

Ma Martinique


Fort-de-France


Rocher du Diamant


Les Salines


Martinique Voiliers


Les plages de la Martinique


Les Salines à cheval


Montagne Pelée


Vue de la femme couchée, Les Trois-Ilets

"Conquest Of Paradise" 1492 - Vangelis

17 ans… C’est exactement le temps que j’ai passé à vivre en Martinique, île française située entre la Mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique. 17 ans, c’est plus de la moitié d’une vie quand on a la trentaine. J’y ai vécu une partie de mon enfance, toute mon adolescence et le début de ma vie d’adulte : le collège, le lycée, l’université. Que retiendrais-je de ces années ?

Ceci n’est pas une tentative de rétrospective. Encore moins un bilan comme on en fait au tournant de sa vie. Ma vie continue sans plus de heurts, ni de cahots … Peut-être le besoin de s’arrêter un instant, prendre le temps de regarder par la fenêtre à défaut de pouvoir (vouloir) se retourner sur les traces laissées par mes pas sur le sable du passé.

J'ai énormément visité plusieurs autres îles de l'archipel des Caraïbes. Mais, il est une certitude que je n’aurais pas été la même si j’avais passé tout ce temps ailleurs, dans une autre île ou sur un autre continent. Je reconnaitrai toujours le doux parfum de l’océan, de la mer qui se retire, bordée par les allées d’hibiscus et de bougainvilliers, eux-mêmes flattés par la présence discrète des colibris. L'odeur des fruits et des fleurs, la moiteur de l'air, le bruit exaspérant des insectes la nuit mais qui vous manque tant quand vous quittez ce pays...
Avec les années et le peu de recul que j’ai à présent, je me rends compte que les souvenirs négatifs s’estompent progressivement pour ne laisser place qu’aux meilleurs moments et retenir ce qui a de plus positif chez les gens uniquement. Tant mieux.

Une certitude acquise, c’est que je parle couramment le créole maintenant, en y mettant l’accent et les expressions. Le désir de s’intégrer est parfois plus fort que tout, et je le soupçonne d’avoir emporté alors avec lui une partie de mon identité propre, insuffisamment implantée en moi sans doute, ou n’a pas pris racine assez profondément dans le creux de mon âme… Je ne sais pas. Bien que je ne m’identifie pas à une antillaise à part entière, je sais que j’ai des traits de caractères propres à cette culture : comme la susceptibilité. Qu’ils prétendent faussement comme étant une sensibilité. Je reste difficilement sans réaction devant une critique directe, je le prends pour moi qu’elle me fasse mal ou pas, je ne peux m’en départir. Je recherche la critique mais je crois que je l’accepte mal… Mais j’ai le mérite de ne pas garder rancune, quel que fusse l’affront en question.
Aussi, comment ne pas relever et aimer l’ambivalence affective de l’être antillais : partagé entre l’insouciance caractéristique des gens des îles tropicales, de plus assez prospères, et remué par moments par les questions d’existentialisme franco-françaises, qui portent sur son devenir, son présent et un retour constant sur son passé qui remonte à l’Afrique.

J’ai moi-même ainsi essayé de faire mon chemin à travers tout ceci, portant déjà avec moi le poids de mes propres origines, tout en aspirant et le toit béant, ouvert vers d’autres horizons. Je n'ai pas de regrets, ça ne me manque pas non plus. J'y ai laissé des gens que j'ai aimés, d'autres que j'aimerai toujours. Mais c'est une page que j'ai tournée à jamais. Alors, que retiendrais-je de ces années ? beaucoup et pas grand-chose dans le fond, peut-être la certitude d’avancer…

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lundi, 03 juillet 2006

Festival de jazz

Festival de jazz à Montréal

De notre dimanche après-midi passé au festival de jazz de Montréal, j’ai retenu 3 concerts très enrichissants.
D’abord on a commencé par la scène Carrefour General Motors, qui est plutôt orienté acoustique, avec The Marc Atkinson Trio. Ce trio canadien originaire de la Colombie britannique excelle dans le jeu des 2 guitares acoustiques et une contrebasse. Vous noterez que bien qu’ils soient anglophones, le ‘Marc’ s’écrit en français, ce qui crée quelque malentendu lors de recherches d’info sur ce groupe sur internet. Voici donc le lien vers leur site où vous pourrez apprécier d’écouter des extraits de leur répertoire en mp3.

Ensuite, nous avons fait place à notre ouverture d’esprit en écoutant un groupe aux costumes, allures, visages et instruments des Indes (asiatique j’entends). La voix de Kiran Ahluwalia, la chanteuse principale, vint confirmer le reste quant à ses origines. Bien que le panneau affichât que le groupe était originaire d’Ontario, Canada! Il semblerait qu’ils aient un succès fou dans tout le Canada anglophone. Personnellement, ce fut pour nous une découverte. Site internet avec extraits musicaux ici.

Et enfin, at last but not the least, nous avons eu droit à un concert malgache / ontarien par Donné Roberts et ses musiciens. Pendant exactement 1h30, sur la Scène Bell Tropiques. Cela fait des années que je n’ai pas vu un spectacle dans ma langue natale, entrecoupé de morceaux chantés en anglais et de l’intervention d’un chanteur indien autochtone (cheveux long et tout). Malgré la présence des instruments modernes, on retient le rythme coloré des îles, avec des accents africains et à certains moments la voix qui s'élève comme des pleurs. Les thèmes chers aux chanteurs malgaches reviennent régulièrement : ne pas se décourager malgré la misère et la galère, sachez remercier le ciel pour tout ce que nous avons... Ceci fut aussi l'occasion pour moi d'entrevoir quelques représentants de la petite communauté malgache à Montréal parmi les spectateurs. Un moment chaleureux et rythmé, avec un soupçon de nostalgie pour ma part. Site officiel de Donné Roberts et liste de ses dates de tournées ici.

Voilà donc ce que je retiens de notre première journée à la 27ème édition du Festival de Jazz de Montréal.

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mardi, 27 juin 2006

:: Test ::

Je déteste ce genre de listing, mais j’ai trouvé celui-là sympa car on laisse quand même apparaître les réponses non choisies (histoire de se marrer). J’ai piqué ça ici, qui l'avait piqué à une personne, qui l'avait d'une autre personne.. bref

Saviez-vous que…
[X] Je fais moins d’1m65 (ben ouais, je fais 1m58).
[] J’ai beaucoup de cicatrices. (juste quelques unes, comme tout le monde)
[X] Je bronze facilement.
[] J’aurais aimé que mes cheveux soient d’une couleur différente.
[X] Je me trouve parfois laid(e).
[] J’ai des amis qui n’ont jamais vu ma couleur de cheveux naturelle.
[] J’ai un tatouage.
[] Je suis gêné(e) par mon physique.
[X] J’ai porté un appareil dentaire. (pfffff….. galère mais ça en valait la peine)

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jeudi, 08 juin 2006

Logo malgache

Voici ma contribution en réponse à l’appel de participation de Tattum (ici) pour trouver un logo, afin de rallier tous les bloggers malgaches ou malgachophiles sous un même petit logo distinctif.

N’ayant aucune formation en graphisme, ceci n’est qu’une modeste tentative.
J’ai utilisé Microsoft Visio pour l’assemblage et la mise sous format .png
Tandis que j’ai utilisé Photofiltre pour manipuler la photo (retouche et mettre en N&B) et redimensionner le fichier final.


1. Mada Logo petit



2. Mada Logo avec Photo3. Mada Logo Simple

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mardi, 25 avril 2006

Pieds en hiver

Des hivers canadiens, je crois que ce sont mes pieds qui en souffrent le plus.
La première année fut la plus terrible. Les cinq mois de mauvaises bottes, les dizaines de kilomètres de marche à pied (nous avons acheté l’auto l’été suivant), la vie en demi sous-sol durant les premiers mois et bien sûr, le froid intense ont eu raison de leur endurance. À la fin de l’hiver 2003-2004, j’ai crû qu’on allait m’amputer des petits orteils des deux pieds. Inutile de vous dire combien ma mère a paniqué quand j’essayais de lui expliquer par téléphone (pourtant sans détail) mes misères. Mes petits orteils souffraient et enflaient tellement qu’ils étaient rendus aussi gros que mes gros orteils.
C’est donc avec beaucoup de soulagement que je vis le mois d’avril arriver, me permettant plus ou moins de chausser des sandales ouvertes, malgré les pluies printanières et les températures encore relativement fraîches : entre 5 et 10°C. Mais qu’importent le ridicule et le regard des autres quand on souffre ?

Pourtant mon soulagement par ce moyen fut de courte durée. Car le fait de porter des chaussures ouvertes entraîna d’autres désagréments à la hauteur du premier problème que je cherchais à résoudre. En effet, de cette manière je me mis à exposer mes orteils à d’autres dangers extérieurs que j’ignorais jusque là : je me mis à cogner mes pauvres petits orteils déjà tuméfiés aux obstacles qu’il y avait sur mon passage. La peur instinctive que j'ai développée pour protéger mes doigts de pieds, provoquait en fait les accidents. Et pour couronner le tout, deux personnes se sont mises à me marcher dessus malencontreusement, et précisément SUR mon petit orteil droit qui était le plus mal en point.

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